Nouvelle découverte pour lutter contre les bactéries résistantes aux antibiotiques
22/12/2017

Des chercheurs de l’UCL viennent de faire une nouvelle découverte majeure dans la recherche sur les bactéries, notamment celles qui sont résistantes aux antibiotiques. Jean-François Collet (Investigateur WELBIO et professeur à l’Institut de Duve de l’UCL) et son équipe, sont parvenus à démontrer que lorsque l’on modifie la structure d’une bactérie, sa sensibilité aux antibiotiques augmente. Une avancée qui ouvre la porte à de nouveaux traitements. Les résultats de cette étude ont été publiés dans Plos Biology.

Les bactéries ont toujours existé. Elles sont apparues sur terre bien avant nous, il y a des millions d’années. Depuis plusieurs siècles, l’homme n’a cessé de les explorer pour comprendre leur fonctionnement, et surtout, tenter de les combattre. Pour mieux expliquer les bactéries, Jean-François Collet, chercheur à l’Institut de Duve de l’UCL, aime les comparer à un château fort muni d’une double enceinte de protection. Il y a 3 ans, il était parvenu, avec son équipe, à élucider l’un des mécanismes de défense des bactéries aux antibiotiques : il avait démontré que, pour se protéger, elles font appel à des sentinelles qui donnent l’alerte dès que, par exemple, un antibiotique apparaît. Elles organisent alors leur défense et c’est ainsi que la médecine se retrouve parfois dans l’incapacité de les combattre efficacement.

L’objectif des recherches de l’équipe de Jean-François Collet est donc de comprendre comment ces bactéries se défendent, pour ensuite mieux les attaquer ! Abir Asmar ( doctorante) et Jean-François Collet sont parvenus à modifier l’architecture de la cellule bactérienne en augmentant la distance entre les deux murs d’enceinte (ou parois protectrices de la bactérie). Résultat ? En modifiant cette distance, les câbles moléculaires qui permettent la communication entre les deux enceintes ne fonctionnent plus. La distance, trop importante, ne permet plus aux sentinelles de donner l’alerte et de transmettre à la bactérie l’information qu’elle doit activer son armement défensif. Les chercheurs UCL ont ensuite essayé de compenser la taille des sentinelles pour voir si, en devenant plus grandes, elles pouvaient recommencer à fonctionner (communiquer). Et la réponse est positive : en augmentant de manière proportionnelle les sentinelles, l’information passe de nouveau. Ce qui indique qu’en modifiant la distance entre les membranes de la bactérie, les chercheurs peuvent trouver un nouveau moyen de lutte contre ces micro-organismes. Ces travaux ont été réalisés en collaboration avec des collègues de l’University of Utah (USA) et de l’Imperial College London (UK). Ils ont été publiés dans la prestigieuse revue américaine PLOS Biology et financés par le Welbio, l’UCL et le FNRS.

L’intérêt de cette découverte ? Si les chercheurs UCL parviennent à trouver une molécule qui permet d’augmenter la distance entre les membranes des bactéries, ils pourraient identifier de nouveaux antibiotiques et ainsi faire un pas important dans la lutte contre les bactéries résistantes (comme la bactérie Escherichia-coli par ex.). Et cette prochaine étape est en cours puisque Jean-François Collet et son équipe ont mis au point une stratégie concrète pour identifier ces nouvelles molécules.

Actuellement, la résistance de certaines bactéries aux antibiotiques est un problème de santé majeur. De plus en plus de bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques disponibles, parce qu’elles acquièrent de nouveaux mécanismes de défense. En ce sens, cette découverte pourrait répondre à cette problématique grandissante.

Références:  Abir T. Asmar et al. (2017), Storming the castle: New discovery in the fight against bacteria, Plos Biology. DOI: 10.1371/journal.pbio.2004303


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