Découverte : Etats transitionnels dans le cancer
19/04/2018

L'équipe de recherche dirigée par le Prof. Cédric Blanpain, MD / PhD, investigateur WELBIO et Professeur à l'Université libre de Bruxelles (ULB), a identifié pour la première fois les différents états de transition tumorale et les sous-populations de cellules tumorales responsables de métastases dans le carcinome épidermoïde de la peau, le deuxième cancer le plus fréquent et le cancer du sein, le cancer le plus fréquent chez les femmes. Les résultats de cette étude ont été publié dans Nature.

Ievgenia Pastushenko et ses collègues ont utilisé des modèles de cancers de la peau et du sein qui présentent une transition épithélio-mésenchymateuse. En criblant des centaines d'anticorps monoclonaux reconnaissant des molécules de surface et en effectuant le séquençage des cellules tumorales uniques, ils ont découvert l'existence d'au moins 7   ouspopulations cellulaires représentant différents états de transition épithéliomésenchymateuse : de complètement épithéliales ou bien différenciées à complètement mésenchymateuses ou états indifférenciés, passant par des états hybrides intermédiaires.

Les chercheurs ont démontré que toutes les populations de cellules tumorales ne sont pas fonctionnellement équivalentes et également métastatiques et que les cellules tumorales avec un phénotype épithélio-mésenchymateuse hybride - celles coexprimant à la fois les marqueurs épithéliaux et mésenchymateux - sont responsables des métastases pulmonaires. "Il était particulièrement intéressant d'observer que, contrairement à ce que l'on pouvait s’attendre, les cellules tumorales au stade précoce de la transition épithélio- ésenchymateuse avec un phénotype hybride épithélial et mésenchymateux intermédiaire, plutôt que des cellules tumorales ayant subi une EMT complète, sont les populations les plus métastatiques", explique Ievgenia Pastushenko, première auteur de l'étude.

De plus, cette étude a permis d'identifier le réseau de régulation génétique et le rôle du microenvironnement tumoral qui contrôlent les différents états transitionnels dans le cancer. "L'identification de ces différents états transitionnels dans le cancer présentant différentes caractéristiques fonctionnelles telles que la prolifération, l'invasion et le potentiel métastatique dans un large éventail de cancers à la fois chez la souris et chez l’homme a des implications très importantes pour le développement de nouvelles stratégies pour bloquer la progression tumorale et les métastases. Il est probable que ces différents états de transitions tumoraux sont également importants quant à la réponse des cellules cancéreuses à la chimiothérapie et à la radiothérapie », explique le professeur Cédric Blanpain, directeur de cet article.

Cette étude a été le fruit d’une collaboration entre de nombreux groupes de recherches en particulier celui de Thierry Voet, KUL et d’Isabelle Salmon, Hôpital Erasme/ULB. Ce travail a été soutenu par le TELEVIE, WELBIO, la Fondation Contre le Cancer, la fondation de l'ULB, le Fonds Erasme, le Conseil européen de la recherche (ERC), Worldwide Cancer Research et la fondation Baillet Latour.

Références de l’article : Ievgenia Pastushenko et al. (2018), Identification of the tumour transition states occurring during EMT, Nature. doi:10.1038/s41586-018-0040-3


Dernière mise à jour : 19/4/2018 - Vie privée - Version imprimable -  © 2018 WELBIO

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