Diabète de type 1 : une piste vers de nouvelles cibles diagnostiques et thérapeutiques
02/08/2018

Une équipe de chercheurs emmenés par Decio Eizirik, Directeur de l’ULB Center for Diabetes Research et investigateur WELBIO, aide à mieux comprendre les mécanismes liés à la reconnaissance erronée des cellule beta par le système immunitaire dans le diabète de type 1. Publiée dans Cell Metabolism, leur étude contribue ainsi à mieux prédire l’apparition de la maladie et à développer de nouveaux vaccins tolérogènes.

En Belgique, plus de 600.000 personnes souffrent de diabète et environ 10% de ces patients souffrent de diabète de type 1, une forme autoimmune de la maladie, caractérisée par une perte progressive des cellules beta du pancréas. Ces cellules sécrètent normalement l’insuline, une hormone destinée à maintenir une concentration sanguine en glucose adaptée.

En cas de diabète de type 1, le système immunitaire agit anormalement : alors qu’il est sensé nous protéger, il reconnait comme étrangères certaines protéines exprimées par les cellules beta et, par conséquent, il commence à les attaquer ; ce qui conduit à leur mort progressive et finalement, à la perte quasi-totale de ces cellules, obligeant les patients à subir des injections répétées d’insuline tout au long de leur vie.

A l’heure actuelle, environ 50% des protéines reconnues par le système immunitaire (nommées antigènes) dans le cadre du diabète de type I sont identifiées. La nature des autres antigènes est malheureusement encore inconnue et cela entrave considérablement notre capacité à prédire l’apparition de cette maladie. De même, sans connaître leur identité, il est également plus compliqué de pouvoir induire une tolérance du système immunitaire chez ces patients.

Dans cette étude réalisée en collaboration avec l’Institut Cochin de Paris, le Prof. Decio Eizirik et son équipe ont utilisé des techniques avancées de biologie moléculaire et de bio-informatique afin d’identifier « l’image » que les cellules beta humaines renvoient aux cellules immunitaires T CD8+, le type cellulaire principalement impliqué dans la destruction des cellules beta. Les chercheurs ont ainsi identifié plusieurs nouveaux peptides (fragments de protéines) potentiellement reconnus par le système immunitaire. Ils ont également observé que les cellules T CD8+ infiltrées dans le pancréas et reconnaissant au moins 3 de ces peptides sont effectivement plus nombreuses dans le pancréas des patients souffrant de diabète de type I. Cela suggère que ces peptides sont bel et bien ciblés par le système immunitaire au cours de la maladie.

Cette étude ouvre donc la porte à une meilleure compréhension des mécanismes liés à la reconnaissance erronée des cellules beta par le système immunitaire. D’un point de vue pratique, elle permettra d’améliorer notre capacité à prédire l’apparition de la maladie et aussi à développer de nouveaux vaccins tolérogènes, visant à prévenir la reconnaissance des cellules beta par le système immunitaire.

Références : Sergio Gonzalez-Duque et al. (2018) Conventional and neo-antigenic peptides presented by β cells are targeted by circulating naïve CD8+ T cells in type 1 diabetic and healthy donors. Cell Metabolism. DOI : https://doi.org/10.1016/j.cmet.2018.07.007


Dernière mise à jour : 2/8/2018 - Vie privée - Version imprimable -  © 2018 WELBIO

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