WELBIO célèbre bientôt son 10e anniversaire.
25/09/2018

WELBIO est un institut interuniversitaire de recherche subventionné par la Wallonie. Sa mission est de soutenir la recherche fondamentale stratégique dans les domaines des sciences de la vie en vue d’en valoriser les découvertes vers des applications industrielles.
La croissance économique est intrinsèquement liée au développement d’une économie de la connaissance. C’est pourquoi les Etats et les Régions soutiennent activement la recherche fondamentale stratégique dans leur plan de développement économique. Le Gouvernement Wallon réalisa il y a 10 ans que d’importantes initiatives avaient été prises, notamment via le Plan Marshall, pour soutenir la recherche et le développement, mais que ce soutien concernait principalement une activité scientifique dite "translationnelle", c’est-à-dire consistant à valoriser des découvertes réalisées antérieurement. Le Gouvernement comprit que le succès à long terme d’une telle politique nécessite que la filière soit alimentée en permanence en amont par une recherche fondamentale d’excellence, qui seule peut conduire à de véritables innovations susceptibles d’applications futures. WELBIO a été  établi dans le but de soutenir cette recherche « pré-translationnelle » dans le domaine stratégique des sciences du vivant et des biotechnologies, un domaine majeur pour le développement économique wallon. WELBIO a été créé en prenant notamment exemple sur l’Institut Flamand de Biotechnologie (VIB) qui, après un peu plus de dix ans d’existence, présentait un bilan impressionnant de productivité scientifique de très haute qualité, assortie d’une politique de valorisation, qui en faisait déjà l’un des Instituts de recherche en sciences de la vie les plus renommés en Europe.
WELBIO s’est d’emblée basé sur des lignes de force communes à beaucoup d’institutions similaires : une stratégie de recherche « bottom-up » dans laquelle les sujets étudiés sont proposés par les chercheurs eux-mêmes ; un processus de sélection et d’évaluation sévère basé sur l’excellence scientifique et réalisé par des experts internationaux indépendants ; une structure organisatrice souple, évolutive, indépendante de contraintes bureaucratiques, politiques et académiques ; une volonté et une capacité d’exploiter des résultats non prévisibles a priori et une focalisation sur une discipline scientifique (le domaine biomédical au sens large).
WELBIO occupe ainsi une place unique dans le continuum qui mène de la recherche fondamentale à la mise sur le marché de nouvelles inventions. Il s’insère de façon optimale entre, d’une part, la recherche scientifique générale universitaire (financée notamment par le F.R.S.-FNRS) et, d’autre part, les acteurs existants de recherche orientée et de valorisation de la Région Wallonne (SPW Recherche, pôles de compétitivité).
Bien plus jeune que le VIB et doté de moyens nettement plus modestes, WELBIO peut être fier de son bilan. Après moins de huit années de fonctionnement, WELBIO a soutenu et accompagné 51 projets de recherche menés par 39 investigateurs principaux dans 3 universités (ULB, UC Louvain, ULiège). Les nombreux articles publiés dans les revues les plus prestigieuses témoignent de l’excellence de la production scientifique. Quelques exemples récents :
-    Benoit Vanhollebeke (Science, 2018) a percé les mystères de la spécificité d’une voie de signalisation intracellulaire ancestrale, commune à tous les vertébrés. Cette découverte ouvre notamment des perspectives pour ouvrir la barrière hémato-encéphalique (qui isole le cerveau de la circulation) et permettre ainsi à des médicaments d’accéder au cerveau pour soigner des troubles du système nerveux central.
-    Pierre Close (Nature, 2018) a décrit comment les mélanomes acquièrent une résistance à leur traitement et comment de nouveaux médicaments pourraient éliminer ces mélanomes résistants.
-    Pierre Vanderhaeghen (Cell Report, 2018) a réussi à produire des neurones à partir de cellules souches humaines et à les transplanter dans un cerveau endommagé, ouvrant des perspectives de réparation de lésions au cerveau.
-    Cédric Blanpain (Nature, 2018) a décrit les différents états de transition tumorale dans un modèle de cancer de la peau, permettant ainsi de mieux comprendre comment les métastases se forment… et comment on pourrait les empêcher de se former.
-    Michel Georges (Nature, 2018) a identifié les mutations génétiques causant les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, ouvrant la voie vers le développement de nouveaux médicaments qui pourraient être prescrits à l’avenir de façon personnalisée.
-    Jean-François Collet (Plos Biology 2017) a élucidé un mécanisme de défense des bactéries ouvrant ainsi des perspectives de développement de nouveaux antibiotiques.
-    Benoît Van den Eynde (Nature Communications, 2017) a identifié un type de cellules non tumorales, présentes dans les tumeurs, et qui protègent celles-ci contre les attaques du système immunitaire. Agir sur ce mécanisme pourrait améliorer l’efficacité de l’immunothérapie du cancer.
WELBIO veille à « valoriser » les découvertes scientifiques vers des applications industrielles. 25 annonces d’inventions ont été soumises dans le cadre de 17 projets de recherche. Des demandes de brevets ont été déposées pour 12 inventions dans des domaines variés : diagnostic et traitement du cancer, traitement de l’asthme par thérapie cellulaire, traitement de maladies du développement nerveux, de l’obésité, du diabète et de maladies rares. Les projets sont par définition très en amont et beaucoup de travail reste à réaliser avant qu’un nouveau médicament, par exemple, arrive un jour sur le marché. Des projets de recherche « translationnelle » ou industrielle ont ainsi été mis en place :
-    Pierre Roger, en collaboration avec OncoDNA et grâce à un financement « WALInnov » de la Région wallonne, développe aujourd’hui un « diagnostic compagnon ». Au cours de son projet WELBIO, son équipe avait mis en évidence une modification spécifique d’une protéine impliquée dans le cycle cellulaire, indispensable à l’action d’un nouveau type de médicament contre le cancer du sein. Administrer ce médicament ne sera utile qu’aux seules patientes présentant cette modification. Identifier ces patientes est le but du « diagnostic compagnon » qui se situe ainsi dans le champ de la médecine personnalisée ou dite « de précision ».
-    Les travaux de Pierre Vanderhaeghen, l’un des principaux leaders d’opinion dans le domaine des cellules souches et neurones, constituent les bases d’un projet du pôle de compétitivité BioWin. Le projet est mené par un consortium d’entreprises wallonnes (MastherCell, NCardia et UCB) et de 2 équipes universitaires. Il vise à développer une activité industrielle basée sur les technologies de production de cellules corticales humaines à partir de cellules souches pluripotentes induites.
-    Les travaux du Pr. Coulie ont débouché sur une collaboration fructueuse avec l’entreprise belge Argenx à laquelle s’est associée la firme biopharmaceutique mondiale AbbVie. Ce projet vise à développer une nouvelle immunothérapie du cancer. C’est le projet de développement de médicament le plus avancé dans le cadre de WELBIO. Ce projet a permis à WELBIO de percevoir ses premiers revenus industriels qui sont réinjectés dans le financement de la recherche.
Enfin, une première entreprise spin-off directement dérivée d’un projet Welbio a été lancée en avril 2018. Cette entreprise, dénommée ChromaCure, est active dans le domaine de la thérapie du cancer, sur base des travaux de Cédric Blanpain. Son siège est établi à Gosselies. ChromaCure bénéficie d'un soutien de 17 millions d'euros grâce à des investisseurs belges et étrangers.
WELBIO finance des recherches de base dont l’issue est, par définition, incertaine et il faut plusieurs années entre l’initiation d’un projet et ses applications pratiques éventuelles. Néanmoins, l’exemple flamand du VIB démontre l’utilité de la recherche fondamentale stratégique pour le développement socio-économique d’une région. En 23 ans, le VIB a acquis une réputation mondiale d’excellence scientifique qui a attiré en Flandre plusieurs entreprises de biotech. Le VIB est également à l’origine de 20 spin-offs. Plus de 1400 emplois ont ainsi été créés. Et grâce aux nombreux accords conclus avec des entreprises, le VIB perçoit aujourd’hui près de 30 millions d’euros de revenus industriels par an. Son budget annuel approche ainsi les 100 millions d’euros, dont 59 millions d’euros de subvention par le Gouvernement flamand. La subvention de WELBIO ne dépasse pas les 6 millions d’euros. En 10 ans, la Wallonie a investi 50 millions d’euros dans WELBIO. A l’heure où elle commence à en récolter les fruits, il est capital d’en assurer la continuité. Sans WELBIO, la recherche translationnelle de notre Région ne sera plus alimentée et nos meilleurs chercheurs perdront une source majeure de financement qui leur permet d’atteindre un niveau d’excellence mondial tout en restant dans nos universités.


Dernière mise à jour : 25/9/2018 - Vie privée - Version imprimable -  © 2018 WELBIO

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