Découverte de nouvelles populations de cellules immunitaires dans le poumon
03/09/2019

De par leur fonction, les poumons sont constamment exposés à divers composés véhiculés dans l’air, tantôt délétères, tantôt inoffensifs. Le système immunitaire du poumon constitue un pivot dans le développement ou non d’une réponse, sans compromettre la fonction respiratoire. Dans certains cas, on observe une dysfonction du système immunitaire qui répond à l’encontre de composés inoffensifs, comme c’est le cas dans le développement d’asthme. À ce titre, des chercheurs de l’ULiège, sous la direction de Fabrice Bureau et Thomas Marichal, tous deux chercheurs WELBIO, ont découvert précédemment que les macrophages interstitiels pouvaient prévenir le développement de l’asthme. Cependant, ces cellules restaient encore assez peu caractérisées.

L’étude menée par le laboratoire d’Immunophysiologie, dirigé par le Thomas Marichal (Chercheur WELBIO, Chercheur qualifié au F.R.S-FNRS, investigateur ERC, GIGA-ULiège), publiée cette semaine par Nature Communications, révèle de nouvelles données concernant cette population de cellules du système immunitaire pulmonaire. Peu étudiées, ces cellules précédemment décrites sont impliquées dans la prévention du développement d’asthme, et constituent à ce titre une cible potentielle dans le développement de thérapies à l’encontre de maladies respiratoires à médiation immunitaire telles que l’asthme. Dans ce cadre, une connaissance plus profonde de ces cellules représente un prérequis important, que l’équipe de chercheurs a récemment élucidé.

Dans un premier temps, Joey Schyns, le premier auteur de l’étude, a découvert chez la souris que les macrophages interstitiels constituent une population hétérogène, composée de deux sous-populations très distinctes. Ces sous-populations ont une fonction, une origine et une morphologie différentes, et sont localisées dans des zones pulmonaires distinctes. L’implication de chacune de ces sous-populations dans le développement de maladies respiratoires chroniques est potentiellement très différente, c’est pourquoi il est important, dès à présent, de les considérer comme entités distinctes dans les recherches futures.

De plus, les chercheurs ont également mis en évidence qu’une sous-population de ces macrophages interstitiels provient directement de monocytes sanguins particuliers dits « patrouilleurs », qui sortent de la circulation sanguine pour arriver dans le poumon.

Cette découverte constitue la première étape d’un projet de recherche ambitieux financé par un ERC Starting Grant, déployé par le Conseil Européen de la Recherche, et obtenu par Thomas Marichal en 2018. À terme, ce projet devrait permettre de comprendre en détail les mécanismes qui sous-tendent la régulation fine de ces sous-populations de macrophages, et de fournir des éléments essentiels au développement d’approches ciblées pour la prévention des maladies respiratoires dans lesquelles les (dys)fonctions de ces macrophages sont impliquées.

Références de l’article : Schyns, J., Bai, Q., Ruscitti, C., Radermecker, C., De Schepper, S., Chakarov, S., … Marichal, T. (2019). Non-classical tissue monocytes and two functionally distinct populations of interstitial macrophages populate the mouse lung. Nature Communications 10(1): 3964. https://doi.org/10.1038/s41467-019-11843-0

 


Dernière mise à jour : 3/9/2019 - Vie privée - Version imprimable -  © 2019 WELBIO

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