WELBIO
04/11/2019

Les maladies auto-immunes résultent d’erreurs d’identification : le système immunitaire, censé nous protéger, commence à attaquer nos propres tissus. La plupart des maladies auto-immunes ont une forte composante génétique, avec des gènes candidats qui augmentent le risque ou, au contraire, protègent contre la maladie. De nombreuses maladies auto-immunes, telles que le diabète de type 1, l’arthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques, ont pas moins de 30 à 50% de leurs gènes candidats en commun, ce qui questionne sur la raison pour laquelle chez certains individus le système immunitaire attaque par exemple les cellules beta qui produisent l’insuline, causant du diabète de type 1, alors que chez d’autres il cible les articulations, causant de l’arthrite rhumatoïde. La plupart des recherches effectuées dans le domaine se sont focalisées sur le rôle de ces gènes candidats dans le système immunitaire, mais des travaux effectués par le professeur Decio L. Eizirik, chercheur Welbio au centre du diabète de l’Université Libre de Bruxelles, ainsi que par son équipe montrent que beaucoup de ces gènes candidats affectent la fonction et la survie des cellules beta du pancréas. Ceci conduit à un dialogue erroné entre les cellules beta et le système immunitaire, ce qui pourrait mener au diabète de type 1. Le professeur Decio L. Eizirik, en collaboration avec des collègues de Barcelone, Oxford, Pise et du National Institute of Health des Etats-Unis, a maintenant clarifié le rôle des cellules beta du pancréas dans le diabète de type 1, et fourni une explication quant à la raison pour laquelle le système immunitaire cible les cellules beta dans des conditions particulières, telles que à la suite d’une inflammation locale causée par une infection virale ou d’autres « signaux de danger ».

Leurs observations indiquent que la liaison de facteurs de transcription tissu-spécifiques (c’est-à-dire des facteurs qui régulent l’expression de gènes spécifiques, tel que l’insuline dans les cellules beta) « ouvre » la chromatine (un complexe d’ADN et protéines présent dans le noyau des cellules) et permet la liaison de facteurs de transcription pro-inflammatoires qui sont induits dans les cellules beta par une inflammation locale. Ceci est amplifié chez les individus génétiquement prédisposés au diabète de type 1, conduisant à la génération de signaux par les cellules beta qui contribuent à attirer et activer les cellules immunes, et faisant des cellules beta des cibles potentielles pour le système immunitaire.

Références:

Ramos-Rodríguez, M., Raurell-Vila, H., Colli, M. L., Alvelos, M. I., Subirana-Granés, M., Juan-Mateu, J., … Pasquali, L. (2019). The impact of proinflammatory cytokines on the β-cell regulatory landscape provides insights into the genetics of type 1 diabetes. Nature Genetics. https://doi.org/10.1038/s41588-019-0524-6


6 décembre 2019 - 12:11 - URL: http://welbio.org/cms/c_10520/fr/comprehension-des-bases-genetiques-du-diabete-de-type-1