Réparation tissulaire par les cellules souches de la peau
05/09/2012

Dans un article publié dans la revue Nature, une équipe de chercheurs dirigée par Cédric Blanpain, docteur en Médecine et docteur en Sciences Médicales, investigateur WELBIO à l'IRIBHM, Université Libre de Bruxelles, Belgique, en collaboration avec le groupe de Benjamin Simons, Cavendish Laboratory, Université de Cambridge, UK, a démontré l'existence d'une nouvelle population de cellules souches de la peau, qui donne naissance à des cellules progénitrices responsables du renouvellement quotidien de l'épiderme, et joue un rôle fondamental dans la réparation des plaies cutanées.

La peau est une barrière indispensable à la survie qui protège notre organisme contre des agressions en provenance de notre environnement. Tout au long de notre vie, les cellules de la peau qui sont perdues par desquamation de façon naturelle doivent être remplacées. L'intégrité de la peau doit être maintenue tout au long de la vie et le nombre de cellules produites doit précisément compenser le nombre de cellules perdues. Plusieurs théories ont tenté d'expliquer comment ce délicat équilibre est atteint.

Dans cette étude publiée dans la revue Nature, Guilhem Mascré et ses collègues ont utilisé un nouvel outil génétique qui permet de marquer de façon fluorescente différentes populations de cellules de l'épiderme et de suivre le devenir des cellules marquées au cours du temps, afin de comprendre leur contribution au renouvellement de l'épiderme. De façon fort intéressante, ils ont découvert l'existence de deux types distincts de cellules progénitrices dans l'épiderme. Une population présente un taux de survie très élevé alors que la seconde population est progressivement perdue au cours du temps.

En collaboration avec le Pr. Benjamin D. Simons, physicien à l'Université de Cambridge, UK, les auteurs ont développé un modèle mathématique du renouvellement de l'épiderme. Les auteurs proposent que l'épiderme est organisé de façon hiérarchique avec des cellules souches au sommet de cette hiérarchie, qui se divisent pour donner des cellules progénitrices se divisant plus rapidement et qui assurent le renouvellement quotidien de l'épiderme. En analysant la dynamique des divisions cellulaires, les auteurs de cette étude ont pu confirmer l'existence de cellules souches qui se divisent plus rarement. De plus, l'analyse de l'expression des gènes des cellules souches et des cellules progénitrices a montré que ces deux populations expriment des gènes différents.

D'une manière fort intéressante, les chercheurs ont montré que les cellules souches participent activement à la régénération de la peau en se divisant beaucoup plus rapidement. A l'inverse, les cellules progénitrices ne participent que de façon transitoire à la réparation de la peau. Il s'agit de la première démonstration formelle du rôle clés des cellules souches de l'épiderme dans le processus de réparation tissulaire suite à des plaies cutanées.

En conclusion, cette étude démontre qu'il existe dans l'épiderme des cellules souches se divisant rarement dans les conditions physiologiques, mais qui sont capables de se diviser beaucoup plus rapidement lors de la réparation tissulaire. Ces travaux pourraient avoir des implications importantes en médecine régénérative, en particulier pour la réparation de la peau de patients gravement brulés ou souffrant de plaies chroniques.

Mascré et al., Distinct contribution of stem and progenitor cells to epidermal maintenance. Nature 2012, DOI: 10.1038/nature11393


Dernière mise à jour : 28/5/2015 - Vie privée - Version imprimable -  © 2019 WELBIO

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