Le système immunitaire et le microbiote intestinal : impact sur l'obésité et le diabète de type 2
05/12/2014

Dans un article publié dans la revue Nature communication, l’équipe de Patrice D. Cani,  investigateur WELBIO à l’UCL, a identifié un nouveau mécanisme impliqué dans le développement de l’obésité et du diabète de type 2 suite à un régime riche en graisses. Ces travaux mettent en évidence une nouvelle cible thérapeutique pour le traitement de l’obésité et du diabète de type 2.  

Les chercheurs démontrent pour la première fois que lors d’une alimentation riche en lipides, l’inactivation d’une cible du système immunitaire de l’intestin (protéine appelée MyD88) permet de faire maigrir et de diminuer le diabète de type 2 associé à l’obésité.  Concrètement, l’équipe montre que modifier la réponse du système immunitaire en désactivant cette protéine MyD88 uniquement dans les cellules qui tapissent l’intestin permet de ralentir le développement du diabète induit par un régime riche en graisses, de limiter le développement du tissu adipeux, de réduire l’inflammation néfaste présente lors de l’obésité et de renforcer la fonction de barrière assurée par notre intestin limitant ainsi le passage inapproprié de composés bactériens de notre intestin dans notre organisme.

Plus important encore, les chercheurs montrent qu’il est possible expérimentalement, par cette modification du système immunitaire, de faire maigrir et donc d’avoir une action thérapeutique même lorsque leCani Nature Comm  Figure dans le textes animaux sont déjà obèses et diabétiques. Parmi les différents mécanismes mis en évidence, l’équipe WELBIO de l’UCL a identifié qu’outre une protection partielle contre l’inflammation et le diabète de type 2, les souris ne possédant plus cette protéine MyD88 dans l’intestin sont aussi protégées du développement de l’obésité parce qu’elles dépensent plus d’énergie que leur congénères obèses. De plus, elles possèdent un microbiote intestinal différent. De façon surprenante, l’équipe montre qu’il est possible de protéger en partie contre l’obésité et le diabète en transférant (greffant) les bactéries intestinales de ces souris à des souris axéniques (sans flore).

L’ensemble des travaux publiés dans la revue Nature communications suggèrent donc qu’au cours d’une alimentation riche en graisses, le système immunitaire de l’intestin joue un rôle important dans la régulation du stockage de graisses et est littéralement capable de modifier la composition des bactéries intestinales (dont certaines sont encore non identifiées).

Everard A et al. Intestinal epithelial MyD88 is a sensor switching host metabolism towards obesity according to nutritional status. Nature Communications (2014) doi:10.1038/ncomms6648

CONTACT: Prof. Dr. Patrice D. Cani, Université Catholique de Louvain, WELBIO, LDRI, Tel: +32-474-900-562 e-mail: patrice.cani@uclouvain.be

Press highlights

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