Anomalies génétiques impliquées dans le développement du carcinome spinocellulaire de la peau
16/07/2015

Dans une étude publiée dans Nature Medicine, les chercheurs de l’équipe de Cédric Blanpain, Investigateur WELBIO à l’ULB, identifient de nouvelles anomalies génétiques impliquées dans le développement, la progression et les métastases des carcinomes spinocellulaires murins et démontrent leurs similitudes avec les carcinomes spinocellulaires humains.

Le carcinome spinocellulaire de la peau est un des cancers les plus fréquents chez l’homme avec plus d’un demi million de nouveaux cas par an dans le monde.  La transformation d’une cellule normale en cellule cancéreuse est due à l’accumulation d’anomalies génétiques dans la descendance d’une cellule souche.  Les anomalies génétiques impliquées dans la majorité des cancers humains ont été récemment décrites.  Les carcinomes spinocellulaires qui se développent à partir de différents organes comme le larynx,  le pharynx, les poumons, l’œsophage et la peau sont causés par des carcinogènes comme le tabac et les rayons UV.  Les modèles murins de carcinomes spinocellulaire induits par des carcinogènes sont utilisés depuis des décennies dans la recherche sur le cancer.  Cependant, la pertinence de ces modèles murins pour comprendre l’étiologie du carcinome spinocellulaire chez l’homme n’était pas encore démontrée.

Les chercheurs ont utilisé un modèle murin de carcinomes spinocellulaires induit par un carcinogène, qui est le modèle murin le plus utilisé en recherche sur le cancer, et ont étudié les anomalies génétiques dans les lésions précancéreuses, les cancers invasifs ainsi que dans les métastases.

En utilisant les techniques de séquençage de nouvelle génération, les chercheurs ont défini la cartographie des mutations ainsi que les amplifications et délétions chromosomiques provoquant la formation et la progression des cancers cutanés chez la souris.   En analysant les anomalies génétiques dans les différentes phases de progression des carcinomes spinocellulaires, Nassar et ses collègues démontrent que la progression d’une lésion précancéreuse à un cancer invasif ne s’accompagne pas de mutations ponctuelles additionnelles, mais plutôt d’amplifications et délétions de larges parties des chromosomes, voire même de chromosomes entiers.   De plus, en reconstruisant la progression entre la tumeur primaire et ses métastases, les auteurs de cette étude démontrent que la formation des métastases s’accompagne d’un très petit nombre de mutations additionnelles, suggérant que le processus métastatique est causé par des mécanismes différents.



Dany Nassar et al, Genomic landscape of carcinogen-induced and genetically induced mouse skin squamous cell carcinoma.¬ Nature Medicine (2015) doi:10.1038/nm.3878.


Dernière mise à jour : 8/11/2016 - Vie privée - Version imprimable -  © 2019 WELBIO

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